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ARS TENEBRIS
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L’hystérie du Génie de Rosaleen Norton

L’hystérie du Génie de Rosaleen Norton

L’étirement des sens sous l’influence de substances enchanteresses, combiné à une prédisposition naturelle à la fantasmagorie permet parfois l’intrusion d’un monde exubérant dans la réalité étriquée d’une époque. Rosaleen Norton (1917-1979), artiste australienne née en Nouvelle Zélande, reste une icône de l’art magique dont les créations énigmatiques hypersexuelles médusent encore les esprits.

Son talent controversé a su indigner les gardiens de la morale, lui valant la prison et la destruction publique de certaines de ses peintures dans un feu purificateur. Mais tout cela, semble avoir à peine effleuré la sensibilité de l’artiste, protégée et surement possédée par son Génie créateur ou Daemon personnel. Sa muse intrinsèque d’une puissance titanesque, lui enjoignait d’aller toujours plus loin dans son exploration, enflammant ses désirs par-delà les frontières de l’acceptable et du connu. Ses mœurs complexes et non conventionnels reflétaient fidèlement l’étrangeté de son âme, et n’avaient probablement rien à voir avec de la provocation, ou l’idée de changer les mentalités. Elle n’était pas en mission sociale, politique ou culturelle étant assez peu concernée par ces concepts mondains. Elle était juste totalement elle-même dans la liberté la plus absolue possible, en copulation intérieure avec les fascinations de sa psyché endiablée, extatique et visionnaire.

Le documentaire biographique “The witch of Kings Cross” disponible depuis peu sur Vimeo, tente de donner une image juste de Rosaleen Norton, à travers les évènements de sa vie, ses dispositions innées, ses rencontres et pratiques, afin de saisir peut-être intuitivement ou apercevoir en filigrane l’ombre de son Génie en action. Il est bien entendu impossible d’approfondir la perception magique de Rosaleen Norton, fortement marquée pas sa relation à Pan et la pratique de la magie sexuelle, dans le cadre d’un documentaire. Mais l’atmosphère et le mystère de sa personnalité transparaissent et incitent ceux qui résonnent à son diapason, à se plonger dans la richesse de ses peintures et de sa poésie pour s’abreuver d’un soma vénéneux aux perspectives troublantes.

De nos jours, l’épouvantail d’une morale castratrice semble à nouveau se manifester par le biais du cheval de Troie qu’est l’internet, s’immisçant insidieusement dans les esprits, pour façonner un modèle au pouvoir mortifère. La liberté d’expression artistique et philosophique sont, semble-t-il, voués à rencontrer éternellement leur antagonisme, comme un point d’appui et de résistance nécessaire pour projeter hors-champs l’expression d’une hérésie victorieuse.