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ARS TENEBRIS

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Vampyres, l'émergence d'une nouvelle race?

Vampyres, l'émergence d'une nouvelle race?

Ce documentaire de Laurent Courau (2007) sur la vie des vampyres d’aujourd’hui, bien que très loin du charme des vampires de l’ère victorienne, est une intéressante étude ethnologique sur l’émergence d’une nouvelle race ou en tout cas sur son fantasme. Parce que oui, c’est ce qu’ils veulent, ces « would be » mutants qui arborent des crocs en plastiques, adoptant un mode de vie inspiré des fictions modernes et classiques.  Ils renient la condition humaine étriquée et décident de forcer la mutation ou de la reconnaître en eux, fascinés par les pouvoirs surnaturels de leurs modèles espérant ainsi échapper à une réalité qu’ils ressentent comme fade et sans intérêt. De New York (The Hidden Shadows) à Tokyo en passant par Venise et Amsterdam, ce tour du monde vampyrique nous fait découvrir un phénomène planétaire au-delà des cultures. Comme un égrégore occulte absorbant les âmes sombres prédisposées, les vampyres se sentent liés les uns aux autres par-delà les conventions ; ils appartiennent à une communauté où ils se sentent acceptés et compris (enfin !). Parmi les leaders on trouve le néerlandais Father Sebastiaan (Brother Sebastiaan  aurait été plus cool, mais bon les vampyres ne sont pas des hippies), la trentaine, organisateur de fêtes à thème en Europe et à NY, rassemblant les foules autour de soirées underground branchées à forte tendance SM. Il dit avoir des pouvoirs occultes, et expose sa théorie concernant la race des vampyres, une race supérieure (of course) reconnaissable à son aura…Bon.

vampyres1Les témoignages de vampyres plus lambda (si j’ose dire) au cours du documentaire sont touchants bien que parfois pathétiques, en recherche d’une identité qui corresponde à leur nature décalée, ils revendiquent une certaine créativité et le goût de la mise en scène ainsi qu’une attirance marquée pour le monde imaginaire.  Les vampyres avec un y ne sont généralement pas des buveurs de sang et se distinguent des vampires (personnages de fiction) du fait qu’ils sont bien vivants et se nourrissent de l’énergie psychique d’autrui. On assiste à une cérémonie façon messe noire, limite clownesque sur une terrasse branchée new yorkaise, où Michelle Bellanger (auteur du « Psychic Vampire codex) prend la parole. on peut reconnaître des préceptes très proches de ceux d’Anton Lavey (le pape noir de l’église satanique – voir article sur ce blog), comme par exemple, qu’on ne devient pas vampyre (ni sataniste) mais que c’est inné.

Laurent Courau, réalisateur, s’est immergé dans la subculture vampyrique faisant un véritable travail de fond de façon à se faire accepter et pénétrer les arcanes de ce milieu dans le but de donner un aperçu lucide et/ou translucide de ce phénomène de société.

L’attirance pour l’obscur, l’occulte et l’aliénation du monde des beaufs, ne datent pas d’aujourd’hui et a pris différentes formes au cours des époques.

Le vampyre, proche ou dérivé de la culture Goth est une expression actuelle, pouvant paraître superficielle du fait de son attachement à l’apparat (une façon pourtant de transposer dans la réalité son monde intérieur tout en instituant les codes d’une confrérie secrète) est peut-être l’affirmation d’une ethnie transculturelle et transpirituelle en recherche de plus d’intensité, de sensualité et  fantaisie dans un monde gris, procédurier et banal.