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ARS TENEBRIS

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"The Blair Witch Project" un classique pour Halloween

"The Blair Witch Project" un classique pour Halloween

Blair witch project

Quand on a vu beaucoup de films d’horreur forcément on devient moins impressionnable, on connaît les trucs, on les voit venir, et il est plus rare de ressentir le frisson ou le malaise paranoïaque ressenti avant l’accoutumance.

Et c’est ainsi qu’un brin désinvolte je me suis décidée enfin à faire l’expérience de « The Blair Witch Project »  pour me faire une idée de ce film indépendant,  petit budget à l’aura créative.

Pour le rappeler rapidement le concept est simple …et efficace: en 1994 trois étudiants  partent faire un reportage en forêt sur la légende de la sorcière du coin avec deux caméras et on ne les revit plus jamais. Un an plus tard le matos est retrouvé intact et les deux films en presqu'intégralité. Le film « The Blair Witch Project » soumis au public serait le résultat du montage de ces deux films amateurs.

 L’expédition est composée de Heather jeune réalisatrice du projet,  Joshua caméraman et Michaël preneur de son, trois potes, qui trouvent ça cool de faire leur premier reportage, et l’introduction assez longue du film à l’atmosphère légère, a l’effet d’anesthésier toutes les défenses du spectateur. Puis on assiste aux interviews de locaux qui commencent à raconter des faits remontant aux années 40 où sept enfants auraient été tués par un marginal vivant en ermite dans la forêt. Celui-ci aurait reconnu les faits commandités dit-il par l’esprit d’une sorcière pendue au 18ème siècle. Tout cela fait très authentique et le doute que ce soit basé sur une histoire vraie commence à ramper sournoisement  à l’arrière de la conscience. Et puis ça y est, ils s’en vont avec leurs énormes sacs à dos traversant une forêt clairsemée traversée par une rivière, pas si inquiétante que ça à priori. Ils arrivent à Coffin Rock, lieu mythique où cinq adultes auraient été tués rituellement puis leurs corps disparus au 19ème siècle. Heather énonce devant une grotte cette histoire et on commence à ressentir une présence prête à surgir, peut-être là  dans la pénombre. Heather domine c’est clair surtout que c’est sa voix qui commente le film et les deux garçons suivent de plus ou moins bon gré. Ils ne font pas vraiment confiance à Heather au niveau de l’orientation et on assiste aux premiers accrochages. Durant la nuit, ils entendent des bruits, avec l’impression nette d’être encerclés, ils sortent de la tente, essayant de filmer ce qui est là, sans succès. Petit à petit, les signes occultes  se manifestent sans équivoque, ils leur sont destinés. Les trois cairns devant leur tente faisant écho aux sept cairns du cimetière, les bruits, les créations vaudous en grand nombre   et le fait qu’ils se paument de plus en plus dans cette forêt donne une forte impression de claustrophobie. Ils semblent tombés dans un espace fermé dont ils ne pourront plus jamais sortir, manipulés par quelque chose qu’on ne verra pas, et qui est bien là. La faim, le froid, l’épuisement et la peur irrationnelle vont leur user les nerfs générant des réactions instinctives de paranoïa, de repli sur soi, de défense de territoire. Ils s’engueulent, se plaignent, pleurent et essaient malgré tout de rester groupés et de faire face. On reconnaît les hauts et bas de tout être humain en situation difficile, et on peut facilement se reconnaître, ce ne sont pas des héros bodybuildés aux supers-pouvoirs mais des gens normaux, vulnérables et la chose qui les traque semble étrange et malsaine au plus haut point. Tout va aller de pire en pire bien évidemment et on se retrouve à la fin, dans le silence et comme avec une angoisse dans la gorge. La peur s’est immiscée à notre insu, pénétrante et glaciale, et si c’est la nuit et qu’on est tout seul, la moindre ombre suspecte peut nous faire imaginer le pire...