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ARS TENEBRIS

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La poupée sanglante: série Steampunk

La poupée sanglante: série Steampunk

Le titre tragicomique  de cette mini-série datant de 1976 évoque assez bien l’atmosphère inquiétante et désuète de cette œuvre steampunk. Le générique, la façade d’une baraque sinistre sur fond musical lugubre annonce la couleur avant de nous plonger dans les saveurs oubliées de l’épouvante  à la française  pour 6 épisodes de 52mn.

Le quartier de l’Ile Saint louis à Paris est le premier lieu où l’on découvre les principaux personnages : Bénédict Masson, le relieur poète au physique ignoble doté cependant d’une belle âme et Christine sa voisine d’en face, fille de l’inventeur illuminé à la recherche du mouvement perpétuel. Bénédict éperdument  épris de Christine l’épie à son insu, son physique désavantageux lui interdisant toute idylle digne de ce nom.

Un soir il aperçoit Christine chez elle, en compagnie tendre d’un jeune homme d’une grande beauté, Gabriel, l’automate créé par son père et son futur époux, jeune chirurgien de talent. Celui-ci s’exténue sans relâche avec l’aide de son futur beau-père à donner « vie » à un être proche de la perfection plastique et mécanique en faisant de la récup sur les cadavres donnés à la science. Aussi parfaite l’apparence de Gabriel soit-elle, il n’a pas d’âme ni de cerveau. Puis on découvre le Marquis et la Marquise vivant à l’Hôtel de Courtelières sur l ‘Ile de la Cité, un couple aux mœurs étranges pour lequel Christine effectue de la restauration d’art. La Marquise d’une santé fragile aurait contracté une maladie mystérieuse lors d’un séjour  aux Indes où elle faisait du spiritisme…L’histoire se déroule en 1925 et l’on voit pointer l’esprit féru d’occulte de l’époque, où les initiés aux mystères orientaux se réunissent lors de soirées privées dans les salons de la noblesse.  Le Marquis quant à lui, personnage haut en couleurs, bon vivant, est soupçonné de vampirisme et d’immortalité. Il ne s’agit pas ici de dévoiler les intrigues où se mêleront tous ces personnages. Bien que la mise en scène soit parfois maladroite, et les dialogues délicieusement surannés, cette petite fresque au charme gothique développe avec brio les thèmes classiques de la recherche de l’immortalité, de l’amertume des sentiments, de la création inhumaine et du vampirisme, sans oublier les pouvoirs occultes à travers Kali la Noire.