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ARS TENEBRIS

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H.P Lovecraft

H.P Lovecraft

 

 

 

haunter of the dark

L’univers de Lovecraft,  mal  adapté au cinema  est pourtant terriblement visuel. La lecture de ses histoires horrifiques nous emmène malgré nous dans les recoins les plus sombres de nos terreurs, traqués par la monstruosité. Toute son oeuvre est basée sur l’existence d’un monde parallèle maléfique et surnaturel, dont les entités nettement supérieures à la race humaine, sont une menace permanente et ultime. Des portes s’ouvrent permettant à ces abominations terrifiantes de pénétrer notre réalité  et malheur à celui qui par malchance ou par inconséquence aura franchi le seuil de ces béances glaciales et ténébreuses. Lovecraft, misanthrope, dans son mépris des hommes les considère comme des êtres ignorants et arrogants, se complaisant naivement dans un paradigme totalement obsolète, ne soupçonnant pas la profondeur effroyable de la  réalité, qui pourtant les traque.

Cette menace abominable se construit au cours de ces récits en un tout plausible, et à travers la magie noire, la nécromancie, l’exploration occulte et les légendes, on a tendance à s’y retrouver et à transpirer d’angoisse et/ou d’excitation, entrainés irrémédiablement vers cette quête de l’enfer aux promesses lugubres.

L’homme serait-il condamné à se perdre dans la fascination d’un monde qu’il soupçonne sans jamais vraiment le saisir, sinon dans un accès de folie qui ne le laissera pas indemne? Les alchimistes, occultistes, explorateurs, mystiques, esprits scientifiques et philosophes ne sont-ils pas finalement atteints de la même maladie, une obsession pour l’inconnu et le fantastique dans une insoumission parfaite à la réalité plate et blafarde du quotidien? Lovecraft semble partisan de cette thèse et nourrir une admiration secrète pour ceux qui ont cette faille à l’âme, un désir de connaitre et comprendre supérieur à la préservation de soi, capables de se sacrifier et se perdre totalement dans une annihilation extatique. Il nous y invite, nous y encourage, nous tente jusqu’à ce que pris au piège, nous nous ouvrions à la beauté abominable des Grands Anciens, sans retour possible.

Lovecraft et le cinema