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ARS TENEBRIS

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L'insoumission de l'érotisme déviant au cinéma

L'insoumission de l'érotisme déviant au cinéma

Nourrir l’imaginaire de délices érotiques stimule le désir, engendre fantasmes et jouissances en sublimant la mécanique sexuelle des corps. Des portes s’ouvrent sur les abysses mystérieux de la psyché où, tapis dans l’ombre, tabous et perversions attendent leur heure de gloire. Dans une société où l’adulte sexué et libertin est censuré, le corps nu désirable est devenu synonyme de violence. Pas un téton ou une chatte ne doit s’exposer sous peine de bannissement. On attend l’heure de l’humain androïdé, efficace, intégré et totalement désexué, une machine sans désir, sans mort ni vie. L’énergie sexuelle est le fuel de l’inspiration créatrice et illuminatrice, parfois au service de l’amour mais pas toujours. L’érotisme obéit à l’empire des sens, les émotions le guident et l’enjoignent de révéler ce qui est opprimé. Et c’est dans cet aveu intime des corruptions de l’être que la puissance d’exister est enfin libérée.

Dans ce contexte de la nouvelle inquisition des mœurs, trouver des mets de qualité pour le couple Eros/Psyché est un peu un parcours du combattant. Evitant les écueils du porno pur et dur, sans pour autant s’abaisser à un érotisme mièvre en couleurs pastelles, il faut savoir s’aventurer dans le franchement déviant pour trouver ce qui attire, répulse ou les deux à la fois. C’est un goût particulier à la frontière ou au-delà de l’acceptable, qui est recherché où le fantasme se déploie sans complexe.

The night porter (1974) réalisé par Liliana Cavani : une passion dévorante et sulfureuse qui dépasse les limites communément admises pour imposer un absolu par-delà le bien et le mal. L’alchimie entre Charlotte Rampling et Dirk Bogarde est ensorcelante.

Les anges exterminateurs (2006) réalisé par Jean-Claude Brisseau : l’homme mûr, initiateur, inspiré par les forces de l’ombre ouvre les portes de l’enfer en explorant les violentes mécaniques du désir et du plaisir, sans tabou. 

Irréversible (2002) réalisé par Gaspard Noé : exploration du désir perverse, de la violence, de la vengeance dans un rythme à l’envers ; sensualité de la femme tentatrice, la place du plaisir dans un couple dans le tumulte des sentiments. Assez pénible à regarder, incisif et percutant.

 

Lune de Fiel (1992) réalisé par Roman Polanski :  une histoire complexe servant de prétexte à l’exposition de la sexualité du couple, le potentiel et les risques liés à la passion, les frustrations et les excès.

 

Sanctuaire (1989) titre original « la Chiesa » réalisé par Michele Soavi sous l’œil bienveillant de Dario Argento, maitre du Giallo, mêle des éléments occultes de magie noire et de manifestations surnaturelles à un érotisme brûlant comme les feux de l’enfer.

Domination (2002) réalisé par Erik Lamens : une femme mariée découvre ses tendances SM et décide de les vivre. Son mari l’accompagne pour ne pas la perdre. Très réaliste, ce film est pratiquement un documentaire explorant le BDSM au sein d’un couple.

 

Kink (2013) : documentaire américain sur l’entreprise kink.com, la plus importante production de contenu BDSM dans le monde.