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ARS TENEBRIS

ARS TENEBRIS

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La quête du Sens II

La quête du Sens II

Je ne crois pas à la sincérité de l’homme, pas plus qu’à la mienne, et la citation “l’homme est un loup pour l’homme” résonne incessamment comme un écho dans les cavernes de mon esprit, comme pour m’enlever toute illusion. Et toujours, une séparation, une fin, un étiolement de l’intensité qui s'affadit et s' éloigne avec ou sans douleur; la barque dérive vers de nouveaux horizons toujours plus prometteurs. Et cela ne concerne pas seulement les relations humaines, mais absolument tout ce qui a traversé ma vie sans jamais pouvoir s’y installer. La lassitude irrémédiablement vient et viendra pour me libérer de la stagnation, de la sédentarisation de mes intérêts. La richesse de ma vie est impalpable, insaisissable au-delà de l’éther dans un espace invisible auquel je n’ai pas toujours accès. Et parfois, c’est déroutant, me donnant envie de m’asseoir sous un arbre pour toujours et de laisser venir à moi les mirages et rêves de l’existence plutôt que de me précipiter vers eux. Il s’en suit alors un apaisement et une absence de doute sur la direction à prendre, guettant tel le chat somnolant, la mascotte qui viendra me déloger de mon antre me lançant sur sa piste vers de nouvelles sensations.

Derrière ces fuites en avant se cachent bien souvent la crainte de l’ennui et l’orgueil de créer une vie exemplaire et inspirante qui me confèrera l’immortalité des héros légendaires. Le refus d’être ordinaire comme si c’était une tare, comme si la masse humaine pullulante me menaçait sans cesse pour m’anéantir et me pousser dans l’oubli. Il semble qu’il n’y ait pas assez de gloire pour tout le monde, qu’il y aura toujours les élites et le peuple, les êtres d’exceptions et les autres. La distribution des rôles semble tenir plus du hasard que d’une science exacte en terme de qualités inhérentes à l’individu ou d’environnement favorable. Parfois ces facteurs sont au rendez-vous, parfois non.

Au-delà, de la recherche d,un succès qui n’est pas garantie de bonheur, la nécessité de créer, de participer à la création, en laissant des oeuvres, semble être un catalyseur de l’action. Le désir d’accomplissement pour briller et être fier de soi, pour faire un pied de nez furtif à l’implacable puissance d’écrasement de la vie. L’un des principes de notre monde naturel est la pesanteur, Le poids de la pesanteur qui nous tire vers le bas, nous courbe au cours des années de résistance jusqu’à nous faire manger la poussière lors de notre dernier souffle. Cette lourdeur intrinsèque de notre condition nous accable déformant nos traits et nos ossatures et peut-être plus insidieusement coagulant nos neurones s’immisce dans nos pensées nous enjoignant de garder les pieds sur terre et d’oublier nos envolées oniriques et ludiques. La lutte en l’homme de la pesanteur et de son rêve de légèreté solaire signe son épuisement fatal, lorsque vaincu et émacié il s‘abandonne enfin à la terre qui lui offre généreusement son dernier lit.