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ARS TENEBRIS

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Wiliam Mortensen: le pouvoir de fascination d'une image

Wiliam Mortensen: le pouvoir de fascination d'une image

D’après William Mortensen les trois éléments clefs au choix pour qu’un visuel retienne l’attention d’un observateur sont : la référence au sexe, à un sentiment ou au prodige. Photographe d’art à Hollywood dans les années 1920 à 1940, sa méthode de création et sa philosophie lui valurent d’être remarqué, adulé par certains, insulté par d’autres.

Dans son livre « The command to look » il expose sa méthode en détails et comment il en est arrivé là. Pendant des années, bien qu’ayant développé une technique certaine, son travail n’attirait pas selon lui l’attention méritée. Jusqu’au jour où une de ses photo créa le « buzz » et fut exposée dans le monde entier. Perplexe parce que surpris par la réaction du public et des critiques, il s’est alors penché sérieusement et sans complaisance pour ses propres photos sur les raisons psychologiques derrière le succès d’une œuvre. Etude très intéressante pour tout artiste qui souhaite trouver son public. Le talent ne suffit pas toujours, il faut savoir provoquer l’attention pour qu’on s’intéresse à votre talent. La réception artistique d’une œuvre est très subjective et même si l’artiste créé d’abord pour lui, son inspiration lui étant imposée de l’intérieur, il ne maitrise pas l’accueil de son message. Et pourtant, il créé aussi pour partager, du moins partager sa jubilation créatrice si ce n’est sa création.

Par sa démarche décomplexée, Mortensen a ainsi à l’époque brisé le tabou de la manipulation créative, en donnant des « trucs » pour que l’image créée attire l’attention de façon inconsciente. En jouant sur les formes (triangles, cercles, ondulations, diagonales) et jeux d’ombres et de lumières on peut provoquer une réaction instinctive (de frayeur en réaction à une menace par exemple) qui frappe l’esprit. Ces procédés ont sans doute depuis fait leurs preuves dans la pub et le marketing. Cependant la difficulté supplémentaire pour l’artiste, une fois l’attention captée est de la maintenir, inviter à entrer dans l’œuvre, à explorer sa richesse visuelle, le sentiment et éventuellement le message présents. L’œuvre doit donc présenter un réel intérêt, passé le choc du premier contact. L’intention de manipuler l’audience pour arriver à ses fins rappelle l’art du subterfuge des illusionnistes. La création devient alors ludique dans son interaction avec le public, le talent de l’artiste étant reconnu aussi dans sa capacité à « piéger » l’attention et provoquer une émotion intense. La prise de position radicale de Mortensen dans le monde de l’art inspira Anton Lavey, le pape noir de l’Eglise de Satan (voir article sur ce blog) qui utilisa ces principes pour mettre ses concepts en valeur.