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ARS TENEBRIS

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American Horror Story 2 (2013)

American Horror Story 2 (2013)

Enfer et Rédemption, deux phases dans cette saison 2 parfois dure à avaler, surtout lors des premières bouchées. Il faut s’accrocher pendant les 6 premiers épisodes en débarquant dans un univers on ne peut plus glauque et où se passent les pires horreurs ; on frôle l’asphyxie psychique quand on se les mate d’affilé (240 mn) bombardé d’images gores, de souffrances abominables, mutilations, monstruosités diverses et variées, dans ce bâtiment noirâtre éclairé au néon, sale, froid, où la lumière du soleil ne pénètre jamais, hanté par de pauvres hères. L’asile psychiatrique le plus immonde imaginé avec à sa tête une bonne sœur frustrée et un chirurgien ex-nazi utilisant les malades pour ses expérimentations à gerber. Malgré tout ça, un humour glacial n’est pas absent, si on en a encore la force et à la réflexion ce n’est qu’un immense festival de parodies réussies de films d’horreur. On peut être tenté comme je l’ai été de s’arrêter là, en disant ok c’est bon j’ai eu ma dose, tellement ces abominations burlesques semblent ne mener nulle part. Entre la jeune none possédée par le diable, le tueur en série, le Frankenstein sadique et ses monstres de jardin et …les extra-terrestres, il y a de quoi rendre son tablier. Mais le jeu royal des acteurs, les dialogues intenses et les stimulations sexy nous font douter, on est accros à cette fresque perverse, il faut le reconnaître et on se lance dans la suite comme un condamné. Et surprise dès l’épisode 8 on ressent franchement une baisse de la tension nerveuse, un approfondissement des échanges et réflexions et peu à peu comme par miracle on pénètre dans une dimension fascinante sans être agressé en permanence comme précédemment. On a passé le test, et c’est la récompense bien méritée après les tortures subies. Les monstres dévoilent une humanité bouleversante frôlant parfois le grotesque. Ils ont des circonstances atténuantes, ont manqué d’amour, ont des complexes et ne sont que le produit d’une mauvaise blague de la vie, ils sont capables de se remettre en question, de changer radicalement, ou non. Et au final, la réflexion s’est enrichie de questionnements après ce voyage incandescent au cœur des ténèbres : sommes-nous tous des monstres potentiels, quelles sont les motivations réelles de nos actes, l’enfer est-ce les autres ? et bien plus encore. Comme quoi, ce n’est pas toujours au cœur d’ouvrages philosophiques pompeux que l’on trouve une certaine lumière.

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